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Symbolique de l'aigle
L'aigle dans l'art Sacré - Aigle et lion
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| L'aigle dans l'art Sacré |
| Aigle et soleil |
| Aigle et lion |
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Aigle et lion :
2°) L'aigle montre des intentions particulières à ses aiglons. Autant le lion souffle dans la gueule de ses petits morts-nés pour tenter de les ressusciter, autant l'aigle porte ses petits sur les ailes étendues au plus haut des cieux, laissant tomber dans le vide ceux qui ne supportent pas l'éclat du soleil, et ne préservant la vie que de ceux qui sont capables de regarder le soleil en face sans en être aveuglé, nous enseigne toujours la légende des Bestiaires. A partir de là, il fût naturel que la symbolique de l'aigle prenne un essor considérable dans la chrétienté, de la même façon que le mythe de Babylone a donné lieu à la naissance des premières pages de la Genèse, pense-t'on, chez le peuple hébreu exilé. Pour revenir à l'aigle qui porte ses aiglons sur ses ailes, on pourra les observer sur les vitraux gothiques typologiques. Toutefois, à Chalon sur Saône, cette représentation diffère puisqu'il semble qu'elle représente le jugement dernier (l'aigle discrimine un de ses petits et le porte dans ses serres). A Vézelay également, il y a une figuration de jugement dernier, l'aigle emportant un enfant et un animal. La présence de l'arbre en Y -tout à fait visible dans cette représentation- signe, par la présence du démon hilare et d'un homme désespéré, cette idée majeure de jugement dernier.

Ganymède de Vézelay
Décryptage :
Homme désespéré : main sur la tête en arrière = prise de conscience et abattement.
Enfant = innocence à l'origine des émotions chez l'adulte et parfois de la nostalgie. Cet enfant la tête en bas est face à la tête de la bête. Ces deux réalités sont le reflet du combat entre mort et vie (appelez-le vertu et vice, bien et mal, équilibre et névrose selon votre convenance, nous sommes de toute manière dans les réalités spirituelles de l'âme) dont cet homme a été animé toute sa vie. Si la tête de l'enfant est positionnée contre la tête de l'animal enragé nous pouvons en déduire que (+)+(+) = - donc c'est de mal consenti par l'être dont il est question, de plus la direction du regard de l'animal est en direction de l'homme deséspéré et l'accuse par la position de sa gueule ouverte et montrant les dents. La position de la tête de l'enfant rappelle le pouce de César : en bas il donne la mort, levé il accorde la vie. Le symbole de l'innocence se situant tête en bas dans ce Ganymède, il est peut-être une sorte de réminiscence inconscient de ce jugement de César, et mauvais signe pour l'homme désespéré qui s'en rend bien compte.
Animal (loup ou chien montrant les dents) : Vice en opposition à l'innocence héritée de l'enfance chez chaque être humain. La présence de l'enfant et de l'animal signifie donc d'une certaine manière la mise en opposition du "capital innocence" et du "capital vice" dans une figuration somme toute symbolique.
Démon hilare caché en arrière plan derrière l'aigle => Le démon est pur esprit et trompe l'homme sans que celui-ci ne puisse toujours considérer clairement ce qui est bien et ce qui est mal. Ainsi, on devra distinguer les péchés de la chair des péchés de l'esprit, ces seconds étant plus grave que les premiers, distinction qui, si elle n'est pas faite, engendre le jansénisme et ses dangers. Nous verrons cela plus en détail dans notre prochain dossier sur les vertus et les vices, leur symbolique et la manière dont tous ces symboles étaient charpentés dans une logique qui a nourri l'art sacré durant de nombreuses révolutions.
Aigle = symbole de la vérité dans le cas d'un jugement, car aucune ténèbre ne peut résister face aux yeux de celui qui regarde le soleil en face sans en être ébloui au point que son regard devient perçant.
La dynamique de l'arbre en Y = L'homme désespéré est dans un mouvement de marche et de montée, ses jambes trahissant la présence invisible de marches. Les marches sont souvent le symbole des vertus dans l'art sacré ; on les dénomme "étapes". Mais ici, l'homme monte et arrive à la base de l'arbre en Y dans lequel il va continuer sa montée après le jugement auquel il est confronté. Selon qu'il sera jugé "bon" ou "mauvais", il empruntera la branche de droite ou de gauche de l'arbre en Y à la manière de ce qui est écrit dans l'Evangile mystérieux des brebis et des chèvres. Toutefois, l'homme désespéré continuant sa progression laisse supposer qu'il ne cesse d'espérer en la Rédemption et la Miséricorde divine. Bref, l'homme est arrêté dans cette progression dans l'arbre par cette rencontre fortuite avec l'aigle et son lot de "preuves" pour le jugement.